Prendre son mal en patience

Alexandre GasserNews

Dernière chronique en lien avec cette période inédite…

M. Corona, après tout ce temps marqué par ton omniprésence, j’ai besoin de t’écrire. Je t’avoue que j’ai de la peine à comprendre, moi qui suis proche d’une personne dite « à risque », pourquoi tu es plus dangereux que le virus de la grippe saisonnière qui tue des milliers de personnes chaque année, ou de la famine qui tue annuellement des millions d’êtres humains dont la plupart des enfants. En somme, c’est à cause de toi que l’on m’a empêchée de voir ceux que j’aime ! Fort heureusement, on nous a dit que tu étais moins présent. Probablement que tu as autant marre de nous, que nous de toi ! Ou peut-être, es-tu seulement parti en vacances ? Si c’est le cas, je te les paies à vie !

Actuellement, nous pouvons heureusement retourner visiter nos proches. Certes avec des règles mais au moins c’est déjà un progrès. Je me sens quand même perplexe. Notre santé globale est tout de même impactée lorsque nous sommes isolés de nos proches et nos habitudes sociales bouleversées, non ? En poursuivant mon raisonnement, ces visites encadrées auraient pu être organisées dès le départ de la pandémie ? Le personnel qui nous accompagne me fait parfois penser à moi quand je gardais les enfants du quartier. Ils doivent sans cesse rappeler les règles imposées. En fait, eux aussi voudraient que cela se termine… Et même si je suis frustrée de faire un long trajet pour partager seulement 30 minutes avec ma proche, d’avoir un masque, sans considérer que cela a perdu toute spontanéité de part cette prise de rendez-vous obligatoire, je suis reconnaissante pour leur travail. Je suis reconnaissance des efforts entrepris pour rendre tout cela possible. Heureusement, la patience, la bienveillance et la chaleur humaine font partie de leurs compétences. J’ai lu et entendu que parfois les décisions prises par nos dirigeants étaient incomprises. Honnêtement, je crois que nous avons tous de la peine à suivre. Mais nous faisons de notre mieux au milieu des incohérences de la vie et de ceux qui nous guident.

M. Corona, je vais te dire une bonne chose. Si jamais tu reviens en puissance, et ça chaque année, nous serons plus fort à chaque fois. Je peux te l’assurer notre force c’est de s’adapter aussi quoi qu’il arrive !

Propos recueillis auprès des proches des résidents par l’équipe EMS Le Flon