C’est qui Monsieur Corona…

Alexandre GasserNews

Cette chronique publiée dans LeMessager, du 9 avril 2020, tente de vous décrire le quotidien des habitants de l’EMS Le Flon, à Oron-la-Ville

«  Mais c’est qui ce Monsieur Corona qui nous embête… ? », ce cri du cœur venant d’une des résidentes illustre la prise de conscience que quelque chose n’est pas « normal ». Depuis maintenant quelques semaines, le quotidien des vingt-quatre habitants de l’EMS du Flon est influencé par les mesures de l’Etat en lien avec le Covid 19, comme toute la population en général.

Moins de sorties et de visites, moins de courses au centre commercial d’à côté, masque pour tous les collaborateurs, affichage de panneaux d’informations un peu partout puis, plus récemment, interdiction de visites, arrêt des traitements de physiothérapie, des visites médicales et des rendez-vous chez des spécialistes non urgents, beaucoup de discussions lors des moments de partage sur l’avancée de la pandémie…. Tant de signes qu’il se passe quelque chose.

La perception du danger est vécue différemment entre les résidents. Pour certains, la situation est pénible à vivre et pour d’autres, leur quotidien n’est que peu impacté par les mesures, si ce n’est tous ces soignants masqués qui impressionnent un peu !

Cependant, la vie continue. Une résidente nous disait se considérer comme privilégiée comparé à une de ses cousines, isolée à la maison et dépendante de l’organisation extérieure pour tous ses besoins. Pour les accompagnants, l’application des mesures posent moult questions… L’EMS doit-il être vu comme un lieu public où tout rassemblement doit être banni, où les tables de la salle à manger doivent être séparées, les fauteuils du salon écartés et les trajets réglementés afin de ne pas se retrouver à plusieurs dans l’ascenseur ou au contraire, être considéré comme un lieu privé, une grande famille, où les discussions, l’entraide, le club cinéma et les sorties au jardin doivent être maintenus ?

Nous qui sommes guidés par la citation du Professeur Jean Bernard «Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu’on ne peut plus ajouter de jours à la vie», devons maintenant créer, imaginer et proposer un « vivre ensemble » qui intègre ces nouvelles directives.